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La Grande Cariçaie
Ponte de grenouille rousse (Rana temporaria) © Jean-Pierre Blanchet / Grande Cariçaie
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La grande cariçaie en 2 mots
La Grande Cariçaie occupe l’ensemble de la rive sud du lac de Neuchâtel. Elle abrite environ 800 espèces végétales et 10’000 espèces animales, soit le quart de la flore et de la faune suisse.

La diversité des milieux naturels et des espèces, les effectifs des populations animales et végétales valent à la Grande Cariçaie une reconnaissance qui dépasse largement les frontières suisses. Elle appartient ainsi au réseau des réserves biogénétiques du Conseil de l’Europe. Elle est aussi un site Ramsar, du nom de la ville iranienne où a été signée la convention internationale protégeant les sites d’escale des oiseaux migrateurs dans le monde entier. A l’échelle suisse, la Grande Cariçaie compte 7 réserves naturelles cantonales instituées sur décisions des Conseils d’Etat vaudois et fribourgeois en octobre 2001 et mars 2002.

Avec ses 2’500 ha de hauts-fonds lacustres, ses 700 ha de marais et ses 1’100 ha de forêts, la Grande Cariçaie constitue le plus grand ensemble marécageux lacustre de Suisse. Elle abrite le 20% des bas-marais d’importance nationale inventoriés sur le plateau suisse et le 40% de ceux des cantons de Vaud et Fribourg réunis.

Localisation de la Grande Cariçaie

Roselières d’Yvonand

Roselière. La trame d’une tapisserie encore floue dans le rêve de l’artiste. Le vent l’a prise pour une chevelure. Il ondule avec elle, caresse en suivant la vague.

Les petits de l’école ont changé de religion. Hier, le roseau était le héros d’une fable, celui qui "plie mais ne rompt point". Le voici agent écologique, grand nettoyeur des eaux fatiguées. Ses territoires menacés mobilisent les habitants de bonne volonté.

Sous d’autres latitudes, les oiseaux migrateurs se passent le nom d’Yvonand. Ces pélerins, long-courriers (dix fois Compostelle), y trouvent pied-à-sable et la compagnie des oiseaux indigènes ; comme les hommes en voyage, au relais du soir.

Il y a connivence entre les hautes herbes et le ciel des fins d’été, à l’heure où il tombe. L’artiste perd la tête et prête aux unes les couleurs de l’autre. Tandis que le lac s’offre une soudaine colère, c’est un mariage flamand de cendre et de violet.

Cette nuit, le navigateur et le peintre gagneront le port, mouillés et effrayés jusqu’aux os. De la voile et du pinceau, ils ont frôlé le drame. Le plus surprenant des lacs leur a donné le spectacle dangereux d’une vraie "marine".

Déjà, la lune monte sur les cailloux. La roselière est un champ d’ombre. On devine les tiges de l’immense harpe de l’aube ; quand le pays sera lavé, étonné d’y voir si clair et si net.

Emile Gardaz
"Neuchâtel en eaux douces"

Grand cormoran (Phalacrocorax carbo)
© Deyrmon